Atelier : Croiser textes et images pour conceptualiser une mauvaise expérience

Présentation d’une activité pédagogique conçue en atelier collaboratif par Jacques Baillagou, Laurence Bouchet, Guillaume Lequien, Jérôme Panay, pendant les rencontres de novembre 2016 consacrées à “textes & images” ; le compte-rendu a été rédigé par Victor Lagarde.

La consigne de l’atelier était : construire un dispositif pédagogique au sujet de l’expérience, et en mobilisant textes & images.

Séance 1 : Conceptualiser par le photolangage

On affiche au tableau :

UNE MAUVAISE EXPERIENCE

On invite chaque élève à aller choisir une image dans une sélection d’images qu’on apporte (35 différentes.

Par exemple : disneyland, mur Israël/Palestine, vignette de Chang disant adieu à Tintin dans le Lotus bleu, une barre de banlieue, une vieille dame avec en arrière-plan, un tag guerrier, une foule, un jeune homme seul devant une cour de justice, une photo de tout nouveaux nés, des corbeaux, un gouffre, une ville de loin, une salle d’attente, une salle de spectateurs dans un cinéma, un monochrome de Klein, Frankenstein, une photo d’amoureux, Pan qui sodomise un bouc…).

Chacun vient piocher. Les élèves se mettent en binôme. Ils doivent justifier pourquoi ils ont choisi leur image. Chacun explique à l’autre, qui transcrit. Quel rapport avec la mauvaise expérience ?

Une partie des binômes va recevoir un texte de Sartre sur la honte ; l’autre va recevoir un conte soufi, L’oiseau et le chasseur. Consigne : résumer les textes, faire une paraphrase, sachant qu’ensuite les textes seront retirés.

On regroupe les binômes par 4 (Sartre/conte). Ils ont sous les yeux 6 textes : la justification de chacun, les deux paraphrases. Ils doivent lire l’ensemble, en prendre connaissance. Deux questions :

  1. dégagez dans un tableau les points communs et les différences dans ce que vous avez écrit (ce qui fait une mauvaise expérience de façon commune, ce qui diffère de l’une à l’autre) ;
  2. formulez une ou deux questions philosophiques.

Mise en commun en classe, pour faire émerger une ou deux questions qui engloberaient tout, comme sujets potentiels de dissertation.

Séance 2 : Faire intervenir le cinéma pour dépsychologiser l’expérience 

Passer de l’expérience subjective à un vécu plus commun dans le cinéma. Le choix du film dépendra en partie des questions qui auront émergé dans la séance 1.

Possibilités :

  • Nostalghia de Tarkovski (plan de 10 minutes : un type est au fond d’une piscine vide ; il allume une bougie, et essaie de traverser la piscine, il s’y prend à plusieurs fois car il y a du vent ; il finit par arriver au but, pose la bougie, fait une crise cardiaque) ;
  • The Music Box de Laurel et Hardy (court-métrage où ils se lancent dans l’entreprise de monter un piano dans des escaliers, et ça va de pire en pire) :

  • Les réveils de Pierrick Sorin (un étudiant filme tous ses réveils, sa résolution à se coucher tôt, et cela échoue à chaque fois) :

  • Galilée (avec Claude Rich : moment où Galilée fait l’expérience de la remise en question de la physique d’Aristote sur la chute des corps).

Chacun est seul à l’écrit : « cet extrait met-il en scène une mauvaise expérience ? Pourquoi ? ». 5-10 minutes.

On les regroupe par trois. La consigne est de reprendre ce qui a été écrit sur la photo initiale, le texte de Sartre, le conte, et ce qui a été écrit sur les extraits, et on se les distribue entre les trois (un exemple + un texte).

Qu’est-ce qu’une mauvaise expérience ? En prenant en compte l’exemple qui leur est assigné.

Discussion :

On ne sortira pas du psychologique en gardant la question « qu’est-ce qu’une mauvaise expérience ? ». Il y aura de la redondance, de la répétition. Il faudrait aller vers autre chose : que nous apprend une mauvaise expérience ? En quoi peut-elle être profitable ? Une expérience peut-elle être mauvaise ?

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