EPhA 1 Présentation des journées des 24-25 mai 2013

Que faire face au sentiment d’extériorité et d’abstraction, face à l’ennui, face aux discours d’impuissances que provoque trop souvent le cours de philosophie ? Que pouvons-nous faire pour (re)donner saveur au savoir, à l’interprétation, au questionnement ? Quelles innovations, transformations ou inflexions pédagogiques pouvons-nous proposer qui permettraient d’autres formes d’appropriation, d’élaboration ou de production de pensées philosophiques ?
Telles sont les questions à l’origine du projet intitulé provisoirement, au départ, « Enseigner la philosophie autrement ? ». Ce projet, initié par quatre professeurs de philosophie, Jean-François Nordmann  (Université de Cergy-Pontoise), Jean-Charles Royer (Lycée Kastler et Lycée de la Nouvelle Chance, Cergy), Bastien Sueur (Lycée Kastler et Lycée de la Nouvelle Chance, Cergy) et Cécile Victorri (Lycée Jean-Jacques Rousseau, Sarcelles), a pris la forme de deux journées de travail, le 24 et le 25 mai 2013, à Paris.
Ces journées étaient destinées à faire découvrir des pratiques différentes de l’enseignement de la philosophie, à les interroger collectivement, à imaginer des transpositions possibles afin qu’elles deviennent l’affaire de chacun.Chaque demi-journée constituait un moment articulé autour d’une présentation d’une alternative pédagogique, suivi d’un moment collectif d’analyse réflexive.
Le choix a été fait d’analyser divers exemples concrets et singuliers, « exemples de pratiques » qui n’ont nullement la prétention d’être exemplaires, mais qui se pensent ou se veulent en effet « alternatives », sans que l’on puisse juger ou préjuger à l’avance du sens et de la pertinence même de l’usage de ce qualificatif, qu’il revient au praticien d’expliciter, de justifier et de proposer à la discussion.

Programme des deux journées

       Première journée : a) « Pratiques du glossaire ;del’approche notionnelle au concept : faire vivre le problème philosophique », par Alexandre Cleret, enseignant de philosophie au Microlycée de La Courneuve ; b) « Faire le procès d’Antigone ; essai de qualification pénale : qu’est-ce que le métier de juge ? », parCécile Victorri, enseignant de philosophie au Lycée Jean-Jacques Rousseau de Sarcelles.
       Deuxième journée : a) « Peut-on encourager la désobéissance civile ? Démarche d’auto-socio-construction des savoirs, par Jean-Charles Royer, enseignant de philosophie au Lycée Kastler et au Lycée de la Nouvelle Chance de Cergy ; b) « Philosophie et religion : une approche extrospective »par Valérie Melin, enseignante de philosophie au Microlycée de Sénart (Valérie Melin n’ayant pu se déplacer, son intervention a été remplacée « au pied levé » par celle de Rémy David, enseignant de philosophie au Lycée Philippe Lamour de Nîmes, ancien professeur du CLEPT).

Résumé des interventions

Nous ne livrons ici qu’un bref résumé des interventions, sans entrer dans le détail de leur déroulement ni rendre compte des discussions riches et nombreuses auxquelles elles ont donné lieu. Les résumés ci-dessous ont été réalisés à partir des textes rédigés par les auteurs des interventions, avec leur accord.

Ouverture

Le projet : « enseigner la philosophie autrement ? » est vaste et indéfini, ce qui présente certes l’avantage de ne fermer aucune porte a priori, mais aussi l’inconvénient de ne pas en préciser assez la signification et les attendus.  Cette ambivalence explique notre choix : plutôt que de polémiquer abstraitement – et souvent vainement – autour du sens de « l’alternatif », nous avons fait le choix de partir d’exemples concrets et singuliersdes exemples de pratiques qui n’ont pas la prétention d’être exemplaires, pour amener une réflexion collective quant aux exigences contemporaines de l’enseignement de philosophie.
Il est évident dans l’esprit des premiers organisateurs quecette rencontre n’est qu’un commencement, et que chacun doit pouvoir, s’il le désire, rentrer dans le cercle : organiser à son tour, présenter ses propositions, les soumettre à la discussion. Nous dirons toutefois, organisateurs actuels, qu’il nous semble qu’un seul critère doive être impérativement respecté : celui de l’intelligence collective, aussi bien dans la responsabilité organisationnelle que dans le désir de communiquer et d’élaborer entre pairs ; loin de l’individualisme, pour le coup bien traditionnel, de la profession, le travail concerté est sans aucun doute la première de toutes les alternatives.
Bastien Sueur (rapporteur)
Alexandre Cléret, Rémy David, Jean-Charles Royer, Cécile Victorri (contributeurs)

Laisser un commentaire