Le procès d’Averroës. Démarche philosophique.  

Article écrit par Michel Soubiran dans le cadre du travail collectif du secteur philo du GFEN.

Le contexte :

Le Procès se déroule à Cordoue, en 1199 (J.C) l’an 587 de l’Hégire, le 10 safar, tout juste un an après le décès d’Ibn Rushd à Marrakech, neuf mois après le transport de son corps au cimetière cordouan de second ordre de Bâb Taghzût.

Ibn Rushd a demandé à être enterré dans le cimetière de ses ancêtres d’Ibn “Abbas”, à l’intérieur de Cordoue, là où il a été cadi.

Le calife Yusuf Yakub (Mansûr billah), mort lui-même au Maroc, il y a quelques  jours, a accepté de présider le procès.

Malgré la victoire de Yusuf à Ciudad real, la Reconquista est lancée. Les Etats chrétiens d’Espagne, Léon, Aragon, Castille, Portugal, Navarre épaulés par  ceux du nord sont à peu près unis (mieux en tout cas que les Musulmans d’Afrique du nord et ceux d’Espagne). Le fils de Yusuf, Mohammed Nasir, est un politique et un chef de guerre médiocre. Le point d’apogée du règne almohade en Espagne est dépassé. Fitna. Yusuf, qui a une puissance prophétique a déjà vu ce qui sera le début de la fin : un flanc de la Sierra Morena (Linares) à Las Navas de Tolosa, au mois de Juillet 1212. Les 60.000 morts, les massacres commis par Alphonse VIII, la fuite des musulmans par dizaines de milliers vers l’Afrique du nord…

C’est l’hiver. Il fait doux. Le procès se déroule à la grande Mosquée, fière de sa toute nouvelle Giralda, la Mezquita. On entend Tahiyya bikum kullu arden, (“Toute terre abordée vous sera accueillante”). La foule des Cordouans se presse :  united colours, des esclavons, des soudanais, des mozarabes, des Juifs, des  Muwalallads (Convertis),  des Kaisites (Arabes du Nord), des Kalbites (Yéménites), des Berbères : vagues et ressacs de cette société paradoxale et passionnée ; “ni avec, ni sans…”

Les personnages :

  • Yusuf : le Pouvoir  politique.
  • Averroës : la falsafa. (Avec le soutien amical et nuancé d’Ibn Tuffayl.)
  • Ulémas ash’arites : théologiens. (Avec l’aide nuancée d’Al-Ghazali)
  • Le Peuple de Cordoue.
  • Un Chrétien de la renaissance : Juan Luis Vivès.
  • Razès (Abû Bakhr Zakariya al-Râzi : médecin rationaliste, mort en 925).

La trame et ses “arabesques”…

          Les théologiens ash’arites et le peuple de Cordoue s’opposent à cette réhabilitation. L’ami d’Averroës, Abubacer (Ibn Tuffayl) soutient la requête. Razès soutient que ce procès n’a pas lieu d’être : il  n’a pas plus d’intérêt que la philosophie de compromis d’Ibn’ Rushd. Al-Ghazali, victime lui-même de l’intolérance, défend Averroës mais critique son système qui laisse trop de place à l’intellect et à la falsafa. Le Chrétien  de la Renaissance dit qu’on a perdu assez de temps comme ça avec la barbarie médiévale qu’Averroës a prolongée par acharnement philosophico-thérapeutique…

 

L’acte d’accusation.

Abû’l Walid Muhammad ibn Ahmad ibn Muhammad Ibn Rushd (c’est le nasab : le nom et toute la généalogie), dit “Al-hafid”, “le petit fils” (c’est la lakab, le surnom honorifique) de son auguste grand-père, le juriste aux fatwas renommées, (mort juste un mois avant la naissance de son petit-fils en 1126), a demandé à être exhumé et enterré dans le jardin de ses Ancêtres, au cimetière de Ibn Abbas.

Ibn’ Rushd doit répondre de  plusieurs accusations et devant des accusateurs    très différents.

On résume l’accusation à trois chefs :

  • Averroës est  infidèle à Dieu. Son Dieu est au fond un philosophe, étranger et païen : Aristote. La philosophie d’Aristote contrarie le Coran sur trois points : la création (vs éternité du cosmos) ; l’omniscience de Dieu (vs connaissance des genres seulement) ; la résurrection des âmes des individus (vs mono psychisme).
  • Averroës est un hypocrite, un blasphémateur, un partisan cynique du double langage. Il méprise le Peuple qu’il veut confiner dans le fidéisme, réservant à une élite la lumière de la raison.
  •  Averroës a confondu “meilleure expression possible de la réalité” (Aristote) et “seule expression possible”. Il n’ a pas su substituer à une rationalité devenue infructueuse, une rationalité autre, “une philosophie du non”. (Dominique Urvoy p.161).

Autour de chaque personnage, se forme un groupe de travail. Tous les groupes disposent d’un dossier complet qui comporte les matériaux de préparation du Jeu de rôles. Les groupes peuvent utiliser ce que bon leur semble, en plus des éléments que je propose ici. Ils peuvent faire venir tous les témoins qu’ils veulent, en accusation ou en défense.

Il serait bon d’avoir un couple de chroniqueurs chargés de préparer un article rendant compte du procès.

Le meneur de jeu distribue la parole, insiste sur les points importants, rectifie lorsqu’il y a des incohérences, fait rebondir les débats lorsque c’est nécessaire.

 

Matériaux pour le procès d’Averroès.

Théologiens.

 

Les mots de l’accusation :

Kâlam

Falsafa, faylasuf, falâsifa

Fiqh : la science du droit.

Fit na : la Crise qui met fin au califat.

Jam’ : conciliation de la religion et de la philosophie.

Bid’a : nouveauté condamnée comme hérétique.

Mubtada : innovation blâmable.

Sunnat Allâh.

Shirk : le péché d’associer Dieu à d’autres divinités.

Zahir : la lettre de la révélation.

 

Textes :

Ibn Jubayr, versificateur appointé (D. Urvoy p. 184) :

“Tu n’es pas resté dans la bonne voie, ô fils de la bonne voie (Ibn Rushd = “fils de la bonne voie”)

lorsque si haut dans le ciel tendaient tes efforts.

Tu as été traître à la religion ; ce n’est pas ainsi qu’a agi ton aïeul”.

 

Al-Ghâfiqî (talib d’Averroës)  (D.Urvoy pp.164 165) :

“Ibn Rushd a nié l’existence du peuple de ‘Ad qui fait l’objet de trois récits dans la Coran. Il a dit : “Par Dieu, l’existence du peuple de ‘Ad n’est pas vraie. Comment peut-on prétendre que la cause de sa disparition serait un vent d’une extrême violence ?”

Abû Ahmid (Ghazali) Résumé du Tahafut al-falsafa : Incohérence des philosophes) (Alain de Libera : La philosophie Médiévale pp.120-121)

Cet ouvrage réfute 16 thèses philosophiques métaphysiques et quatre physiques. (Pas de problèmes avec la logique, les mathématiques et la médecine) :

L’éternité du monde contredit la Création.

Les falasifa ne peuvent prouver la transcendance, l’incorporéité et l’unicité de Dieu.

Ils ne peuvent prouver que l’âme est une substance spirituelle immortelle.

Voir aussi La lettre au disciple de Ghazali.

 

Matériaux pour le procès.

Averroës.

Début du Fasl al-maqâl : Discours pour décider du lien de droit  entre la Révélation et la philosophie.

(Traduction M. Geoffroy, revue par MS.)

Ayant louangé Dieu de toutes les louanges qui lui sont dues et appelé la prière et la salut sur Muhammad, Son serviteur élu et son envoyé, nous disons que le propos de ce discours est de rechercher, dans la perspective de l’examen juridique si l’étude de la philosophie et des sciences de la logique est permise par la Loi révélée, ou bien condamnée par elle, ou bien encore prescrite, soit en tant que recommandation, soit en tant qu’obligation.

Si l’acte de philosopher ne consiste en rien d’autre que dans l’examen rationnel des étants, et dans le fait de réfléchir sur eux en tant qu’ils constituent la preuve de l’existence de l’Artisan, c’est-à-dire en tant qu’ils sont analogues à des artefacts -car, de fait, c’est dans la seule mesure où l’on connaît la fabrique que les étants constituent une preuve de l’existence de l’Artisan ; et la connaissance de l’Artisan est d’autant plus parfaite qu’est parfaite la connaissance des étants dans leur fabrique ;

Et si la Révélation recommande bien aux hommes de réfléchir sur les étants et les y encourage,

Alors il est évident que l’activité désignée sous ce nom de philosophie est, en vertu de la Loi révélée, soit obligatoire, soit recommandée.

Or c’est ce qui est évident par maints versets du Livre de Dieu – béni et exalté soit-il :

  • “Réfléchissez vous qui êtes doués de clairvoyance”, (Coran LIX, 2) qui est une énonciation sans ambiguïté du caractère obligatoire de l’usage du syllogisme rationnel, ou du syllogisme rationnel et juridique tout à la fois.
  • “Que n’examinent-ils le royaume des cieux et de la terre et toutes les choses que Dieu a créées”,(Coran VII, 185) encouragement énoncé de manière univoque à l’examen rationnel de tous les étants
  • Ou encore “N’ont-ils point examiné les chameaux, comment ils ont été créés ? Et le ciel, comment il a été élevé ?( Coran LXXXVIII, 17-18) ; ou d’autres innombrables versets encore.

Donc, puisqu’il est bien établi que le Révélation déclare obligatoire l’examen des étants au moyen de la raison et la réflexion sur ceux-ci, et que par ailleurs, réfléchir sur n’est rien d’autre qu’inférer, extraire l’inconnu du connu, ce en quoi consiste en fait le syllogisme, ou qui s’opère au moyen de lui, alors nous avons l’obligation de recourir au syllogisme rationnel pour l’examen des étants. Il est évident en outre que ce procédé d’examen au quel appelle la Révélation et qu’elle encourage est nécessairement celui qui est le plus parfait et qui recourt à l’espèce de syllogisme la plus parfaite que l’on appelle démonstration.

Pas de place pour les Ulémas.

“La place des théologiens est une place de trop : c’est un tiers inutile entre le Peuple et les philosophes. Il y a deux sortes de sens : l’apparent et le caché.

Certains textes doivent être pris dans leur sens obvie par tous les hommes quels qu’ils soient : toutes les voies ou méthodes de lecture y conduisent, scientifiques, rhétoriques ou dialectiques. Chacun est donc mené au sens obvie par son propre chemin. Dans ce cas est infidèle quiconque interprète allégoriquement un énoncé qui doit être pris au sens littéral.

Il est en revanche d’autres textes qui doivent être pris au sens littéral par la masse et interprétés allégoriquement par la classe démonstrative. Si la masse venait à prendre de tels passages au sens allégorique et si, réciproquement les “hommes d’interprétation démonstratives venaient à les prendre au sens littéral, il y aurait dans les deux cas infidélité.

La place des théologiens est littéralement une place de trop entre ceux qui doivent croire sans comprendre et ceux qui pour comprendre n’ont pas à y croire. Fixés dans le rôle de ceux qui croient comprendre, les théologiens sont ceux qui ruinent l’exégèse littérale sans être capables de lui substituer la certitude de la science, ceux qui dénaturent l’exégèse allégorique en versant dans un allégorisme incontrôlable, responsables de tous les mots de la société : intolérance, guerre, fanatisme.

“Ils rejettent, par exemple dit Averroës, maintes vérités nécessaires telles que la permanence des accidents, l’action réciproque, l’existence de causes nécessaires, de formes substantielles et des causes secondaires”.

A de Libéra : La Philosophie médiévale (p.167).

 

“Ceux qui s’opposent sur ces questions extrêmement ardues, soit sont dans le vrai, et dans ce cas ils seront récompensés ; soit se trompent et alors ils seront pardonnés comme dit le hadith : “qu’un juge produise un effort de jugement personnel e tombe juste il sera doublement récompensé ; qu’il se trompe, il aura une récompense simple”

Fasl. p137

Ibn Tufayl : Hayy ibn Yaqzân. Vivant, fils du vigilant, conte philosophique.

En fait, qu’ils soient chrétiens ou musulmans, les métaphysiciens des années 1265 accomplissent le même geste philosophique : achever la philosophie péripatéticienne dans une mystique de l’union, la contemplation des intelligibles dans la connaissance de l’absolu.

La première partie du Hayy retrace l’itinéraire intellectuel de Vivant : sorte de solitaire bâjjien (né par génération spontanée sur une île ou déposé là par les flots auxquels l’aurait confié une jeune femme d’une île voisine) acquérant progressivement la philosophie par l’observation , l’expérience, la spéculation. A l’âge de 35 ans environ, Vivant passe de la première antinomie de Kant (la question de l’éternité du monde “le laissant perplexe, et aucune des deux thèses ne l’emportant l’une sur l’autre dans sa pensée”) à une théorie de Dieu, conçu, en termes quasi avicenniens, comme un Etre nécessaire, Principe souverain d’une hiérarchie d’Intelligences cosmiques qui sont autant de miroirs où il se reflète. Prenant enfin conscience de la singularité de sa situation d’homme, intermédiaire entre le monde céleste et le monde corporel, puisque participant des deux, Hayy se donne alors une règle de vie, un régime qui va lui permettre non seulement de vivre en accord avec la nature mais d’arriver à une parfaite union avec Dieu. Complétant le végétarisme cher aux philosophes de l’antiquité tardive, ce régime est une véritable imitation pratique du divin : le soin des plantes “imite”la bonté des astres qui président à la croissance des végétaux ; la retraite ; l’immobilité, le jeûne “imitent” l’immobilité et l’impassibilité du Premier moteur aristotélicien. A cinquante ans, Hayy, qui vit reclus dans une caverne, est capable de jeûner quarante jours consécutivement et il sait comment arracher son intellect au monde extérieur et à son propre corps pour s’unir à Dieu dans une contemplation exclusive. La première partie du roman s’achève sur cette fictionnalisation du régime du solitaire.

La deuxième partie fait passer  Hayy de la solitude à la société. D’abord, par la rencontre d’Asâl, un religieux de l’île voisine venu chercher dans la solitude le sens profond des pratiques en usage dans la “secte” à laquelle il appartient (à savoir “l’islam”) ; ensuite par le départ des deux hommes pour l’île  où règle le roi Salâman, véritable incarnation du littéralisme musulman. Grâce à Hayy, Asâl comprend que la tradition religieuse est l’expression figurée de la vérité rationnelle découverte par le philosophe autodidacte ; grâce à Asâl, Hayy comprend que rien dans la religion de l’île voisine ne s’oppose à ce qu’il a contemplé. Reste que, ne comprenant pourquoi le Prophète qui a fondé ladite religion s’est exprimé en paraboles, Hayy décide d’aller prêcher sa vérité aux autres hommes en disant les choses comme elles sont. C’est là qu’intervient Sâlâman. Incompris par le roi, désavoué de la masse, sentant venir la sanction, voyant enfin que l’enseignement extérieur du Prophète suffit au gros de l’humanité, Hayy et Asâl décident de regagner leur île. Bien que compatibles en soi, philosophie et religion ne peuvent coexister socialement. (…)

La société n’a pas à reconnaître la philosophie car la philosophie n’a pas à connaître la société. Avec Ibn Tuffayl, l’apologie bajjienne de la solitude philosophique s’achève dan un ésotérisme social. Provisoirement, le silence du philosophe est le prix de la liberté.

  1. de Libera : La philosophie médiévale (pp.159160. 161.)

 

Matériaux rationalistes.

Rhazès.

Abû Bakr ibn Zakariyâ al-Râzi  (864-925).

“Il considère  les prophètes  comme des imposteurs dangereux, les textes sacrés comme un tissu de légendes dégradantes pour l’intelligence, les confessions religieuses comme des sources de guerres sanglantes et d’abrutissement mental, et il prône l’usage de la raison philosophique et scientifique comme guide des comportements individuels et sociaux”.

Philosopher ou croire : telle est l’alternative.

Son œuvre, à l’exception de des ouvrages de médecine, a été détruite. Ne restent que quelques fragments réunis par P. Kraus en 1930 et dont P. Lory donne ci-dessus un résumé.

Penser n’est pas croire. Peu de gens comprennent cela. Presque tous, et ceux-là même qui semblent débarrassés de toute religion, cherchent dans les sciences quelque chose qu’ils puissent croire. Ils s’accrochent aux idées avec une espèce de fureur; et si quelqu’un veut les leur enlever, ils sont prêts mordre. Lorsque l’on croit, l’estomac s’en mêle et tout le corps est raidi. Le croyant est comme le lierre sur l’arbre. Penser, c’est tout fait autre chose. On pourrait dire : penser, c’est inventer sans croire.
Imaginez un noble physicien, qui a observé longtemps les corps gazeux, les a chauffés, refroidis, comprimés, raréfiés. Il en vient à concevoir que les gaz sont faits de milliers de projectiles très petits qui sont lancés vivement dans toutes les directions et viennent bombarder les parois du récipient. Là-dessus le voilà qui définit, qui calcule; le voilà qui démonte et remonte son gaz parfait, comme un horloger ferait pour une montre. Eh bien, je ne crois pas du tout que cet homme ressemble un chasseur qui guette une proie. Je le vois souriant, et jouant avec sa théorie; je le vois travaillant sans fièvre et recevant les objections comme des amies ; tout prêt à changer ses définitions si l’expérience ne les vérifie pas, et cela très simplement, sans gestes de mélodrame.

Si vous lui demandez : Croyez-vous que les gaz soient ainsi ? il répondra : Je ne crois pas qu’ils soient ainsi; je pense qu’ils sont ainsi.

ALAIN

Matériaux : l’effacement de la dette.

La Renaissance.

L’homme du moyen-âge est un homme du commentaire, lié au  Livre, pour qui la vérité est dans le Livre et conditionnée par la Révélation ; le philosophe de la renaissance cherche librement la vérité, car il sait que la vérité est une série ouverte de réponses “qu’il faut chercher dans l’expérience des choses et dans l’histoire des hommes”.
En ce qui concerne la fin du Moyen âge latin, la rupture avec la logique et l’arabisme  sont deux signes sûrs.

Citons Jan Luis Vivès. L’infatigable pourfendeur des logiciens dans le Contra pseudodialecticos. Ce que veut la Renaissance, c’est effacer la translatio studiorum, la recommencer de façon imaginaire, ici et maintenant. C’est pourquoi pour conjurer l’intermédiaire arabe, Vivès va jusqu’à inverser le cours de l’histoire. Fort d’un sentiment impérial, voire impérialiste, de la latinité, il souligne combien cet Aven Rois ignore tout de la philosophie lui qui confond “Protagoras et Pythagore, Cratyle et Démocrite, lui qui donne des titres ridicules aux œuvres de Platon” lui qui n’est pas capable de citer correctement les philosophes qu’il critique, lui qui enfin, ne semble même pas comprendre ce qu’il écrit. Averroës n’a pas lu Aristote dans sa version originale, ni même dans la version latine fautive qui en a été tirée (car il ne connaissait rien aux langues. Non il l’a lu transvasé du latin en arabe. Terrible transfusion qui “d’un bon grec a fait un mauvais latin et d’un mauvais latin un arabe bien pis encore”.)

Heureusement en 1493 à l’Université de Padoue Nicolo Leonico Tomeo va occuper la chaire où on enseignera Aristote d’après le texte grec.

Une réponse à “Le procès d’Averroës. Démarche philosophique.  

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